Angkor et toujours : du Bayon et Ta Prohm au Banteay Srei

Et puis quoi Angkor ? C’est trois jours au milieu des temples, à vivre au rythme du soleil, pour pédaler, admirer, suer, avoir le courage d’affronter les innombrables « you buy 1 $ sir, is good for you » !

Au commencement fut Angkor Vat, imposant, noir mais à la reflexion, loin d’être le plus beau, le plus chaleureux ou le plus mystique de toutes les ruines du site. Certes, de magnifiques bas-reliefs ornent l’enceinte principale du temple principal. Des mètres d’histoire  – guerre, paix, festins… -  gravés avec finesse dans la pierre, des éléphants, des dieux et des hommes, du paradis à l’enfer. Les tours massives et sombres imposent leurs formes decoupées, sous un soleil de plomb. Sûr que l’ on se sent tout petits face à une telle folie des grandeurs – et noyés  parmi les centaines de koréens, chinois, japonais.

Puis vient Ta Prohm, un des temples les plus connus de la cite fortifiée d’Angkor Thom, abandonné à la jungle. D’une beauté hors du temps, il fascine immédiatement par son enchevêtrement de pierres et de végétation. Les racines des arbres gigantesques, englobent et soutiennent les batiments, des fondations à la toiture. C’est un lieu unique, magique et tellement serein. Nous y étions heureusement à la bonne heure,celle où les touristes partent manger et nous laissent les clés de la cité. De grosses racines telles des serpents, enveloppent avec respect les anciennes pierres sculptées, les gravures de danseuses et de gardiens. Le soleil presque timide, enrobe les courbes et creuse les ombres,  bleu prusse et outremer. Des sihouettes à demi brisées sortent de toutes parts, rongées par le temps et les hommes, immobiles, prisonnières depuis toujours.

C’est au tour du Bayon de dresser ses centaines de visages, dont les regards scrutent le royaume en direction des quatre points cardinaux. Les premiers rayons du soleil découvrent les faces souriantes et confiantes – mais toujours énigmatiques – des gardiens d’une lumière dorée. Les pierres ocre et rouge se couvrent d’or, pendant que la fraicheur matinale se dérobe sous les rayons de soleil. On pourrait y rester des heures, chaque coin du Bayon nous ouvrant de nouveaux visages, de nouvelles perspectives, de multiples détails. Ce temple est sans doute le plus énigmatique de tous, on ne sait plus qui s’interroge : nous ou ces centaines de paires d’yeux ?

2 jours de vélo, des centaines d’autres photos, une petite dizaine d’autres temples – dont le magique Preah Khan, la pyramide inachevée de Ta Keo… -  et quelques litres d’eau plus tard, nous troquons les bicyclettes contre un sympathique chauffeur de tuk-tuk qui nous emmenera au Banteay Srei, éloigné de 32 kilometres de Siem Reap. Nos cuisses et celle de Ben sont deja dures comme du béton, alors si nous voulons profiter de ce dernier jour, il faut se préserver un minimun. Et puis, pour admirer le lever de soleil, il faudrait se lever à 3 heures du mat’ ce qui n’est pas envisageable !!!

Le Banteay Srei - le temple rose ou temple des femmes – doit son nom aux sculptures, gravées telles de la dentelle : d’après la légende, seules des femmes auraient eu les doigts assez fins pour arriver à ce resultat. Et c’est vrai que c’est impressionnant (ok, la restauration y est pour quelque chose, mais tout de même !).

Impossible de tout raconter, trop de temples, de détails, de sueur et de coups de pédales ! Seul regret, ne pas avoir pensé à enregistrer la phrase officielle du site « you buy 1$ mister »… Mais il est clair qu’Angkor s’impose pour toute personne qui veut voyager au Cambodge. C’est un peu comme dire que l’on a visité la France en n’ayant vu que Paris, mais ce lieu unique au monde sans doute, mérite que l’on s’y arrête quelques jours ! Une note positive pour cette fin de voyage dans un pays qui jusque la nous avait laissés assez mitigés !